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Cueillette sauvage au Québec : accès, sécurité et récolte responsable

Cette publication est la partie 8 de 10 dans la série Cueillette Sauvage

Cueillir sans se mettre dans le trouble

Trouver une plante comestible ne donne pas encore le feu vert pour remplir son panier.

Il reste à vérifier le terrain, le droit d’accès, les travaux en cours, l’état des fruits, la présence d’animaux et la capacité de ressortir du secteur sans se blesser.

Une bleuetière sauvage peut cacher des trous, des souches et des zones de tourbe saturée. Une grande ouverture peut être une production agricole. Un chemin forestier peut traverser une propriété privée, une aire protégée ou une zone traitée.

La cueillette commence donc avant le premier fruit.

TL;DR

Avant d’entrer dans une zone de cueillette, observez le terrain depuis sa bordure, vérifiez l’accès et l’affichage, prévoyez votre retour et assurez-vous que le secteur n’est pas occupé par des travailleurs, de la machinerie ou des animaux. Portez des chaussures adaptées, gardez les plantes inconnues séparées de la récolte et prélevez seulement ce que vous saurez utiliser. Savoir renoncer ou revenir plus tard fait partie de la cueillette.

Regarder le lieu avant de regarder les fruits

Un secteur couvert de fruits attire immédiatement l’attention.

Le premier réflexe devrait pourtant être de lever les yeux et d’observer l’ensemble :

  • où se trouve l’entrée;
  • jusqu’où porte la vue;
  • si le sol semble ferme ou détrempé;
  • s’il existe un passage clair;
  • si des animaux ou des personnes occupent déjà les lieux;
  • si des affiches sont visibles;
  • si des véhicules, des ruches ou de la machinerie se trouvent à proximité;
  • si l’on pourra ressortir facilement.

Une zone agréable vue depuis le chemin peut devenir très différente après quelques mètres.

Dans une bleuetière naturelle, les petites branches ligneuses s’entremêlent près du sol. Elles accrochent les pieds, ralentissent les déplacements et craquent au passage. Les trous, les anciennes souches et les plaques humides deviennent difficiles à voir sous la végétation.

Le bruit produit en avançant peut aussi rendre un retrait discret impossible.

On ne devrait donc pas attendre d’être au milieu du secteur pour découvrir qu’on s’y déplace mal.

 

Un sentier ne prouve pas que le terrain est public

Un chemin visible peut avoir été créé pour :

  • l’exploitation forestière;
  • l’agriculture;
  • l’entretien d’une ligne électrique;
  • la circulation d’un propriétaire;
  • l’accès à un chalet;
  • des travaux municipaux;
  • la chasse ou le piégeage;
  • l’intervention des services d’urgence.

Sa présence ne constitue pas une invitation.

Avant une sortie planifiée, il faut vérifier :

  • à qui appartient le terrain;
  • qui en assure la gestion;
  • si l’accès est permis;
  • si la récolte l’est également;
  • si une autorisation ou un droit d’accès est nécessaire;
  • si des restrictions saisonnières s’appliquent.

Un territoire public n’est pas pour autant un territoire sans règles. Les activités permises peuvent varier selon la municipalité régionale de comté, le gestionnaire, le zonage et le statut du territoire. (Gouvernement du Québec)

Une aire protégée reste protégée pendant la saison des fruits

Les règles peuvent changer à l’intérieur d’un même parc selon la zone.

Le Règlement sur les parcs du Québec prévoit une exception permettant la cueillette non commerciale de produits végétaux comestibles, mais cette exception ne s’applique pas dans les zones de préservation ou de préservation extrême. La Sépaq demande par ailleurs aux visiteurs de ne pas prélever d’éléments naturels et de demeurer dans les sentiers aménagés. Devant ces consignes qui dépendent du territoire et du zonage, la meilleure méthode consiste à vérifier directement auprès du parc avant toute récolte. (Légis Québec)

Il ne faut pas présumer qu’une petite quantité sera toujours tolérée.

Le statut du lieu ne disparaît pas parce que les fruits sont mûrs.

Une bleuetière sans clôture reste une production agricole

Une grande surface couverte de bleuets peut sembler naturelle tout en étant aménagée et exploitée.

Plusieurs signes peuvent révéler une production :

  • chemins nivelés;
  • secteurs coupés à la même hauteur;
  • alternance entre parcelles en repousse et parcelles productives;
  • bandes forestières régulières;
  • ruches;
  • tuyaux ou matériel d’irrigation;
  • traces de tracteurs;
  • affiches;
  • bâtiments ou équipements à proximité.

Il n’est pas nécessaire de voir une récolteuse en mouvement pour comprendre que le champ est cultivé.

Une parcelle peut aussi être vide au moment de votre passage parce que le travail aura lieu plus tard. Les fruits appartiennent toujours à l’exploitation.

Le bon réflexe n’est pas d’entrer jusqu’à ce que quelqu’un vous arrête. Il est d’obtenir l’autorisation avant de cueillir.

Une affiche de traitement met fin à la discussion

Les panneaux liés aux pesticides ne sont pas des suggestions.

Dans les aires forestières traitées, l’affichage réglementaire peut notamment indiquer :

  • la présence d’un traitement avec pesticides;
  • l’interdiction de cueillir des végétaux pour la consommation;
  • le produit utilisé;
  • la date de l’application;
  • les coordonnées de la personne responsable.

Pour certains traitements forestiers, l’affiche doit demeurer en place jusqu’à la fin de la période de cueillette des petits fruits ou des champignons présents dans l’aire traitée. (Quebec CDN)

D’autres types de traitements et de cultures peuvent être soumis à des règles d’affichage différentes. Le cueilleur n’a pas à résoudre cette réglementation sur place.

La règle pratique suffit :

Une affiche de traitement ou d’interdiction signifie qu’on ne cueille pas et qu’on respecte les indications.

L’absence d’affiche ne prouve toutefois pas que tous les secteurs voisins ont la même histoire. Près d’une culture ou d’une exploitation, il vaut mieux demander plutôt que supposer.

Les bons souliers ne sont pas un détail esthétique

Une sortie de cueillette peut sembler moins exigeante qu’une randonnée parce qu’on prévoit avancer lentement.

C’est souvent l’inverse.

Le cueilleur :

  • quitte parfois le sentier;
  • regarde les fruits plutôt que ses pieds;
  • se penche fréquemment;
  • transporte un contenant;
  • marche sur un sol irrégulier;
  • revient au même endroit plusieurs fois;
  • demeure longtemps dans une zone humide ou exposée.

Des chaussures fermées et adaptées au terrain protègent mieux contre :

  • les branches;
  • les pierres;
  • les trous;
  • la boue;
  • les surfaces glissantes;
  • les insectes au sol;
  • la fatigue des chevilles.

Dans une bleuetière naturelle dense, des sandales ou des chaussures très légères peuvent rapidement transformer la promenade en parcours de branches pointues.

Les pantalons longs sont également utiles lorsque le terrain contient des ronces, des arbustes serrés ou des plantes que l’on ne connaît pas encore.

Le panier ne remplace pas le sac de randonnée

Partir pour une courte cueillette ne signifie pas qu’on reviendra rapidement.

Le secteur peut être moins accessible que prévu. La récolte peut être abondante. Un changement de météo, une blessure ou une erreur de chemin peut prolonger la sortie.

Pour une promenade qui s’éloigne réellement du véhicule ou d’un secteur habité, la Sépaq recommande notamment d’apporter de l’eau et de la nourriture en quantité suffisante, un téléphone chargé, une petite trousse de premiers soins, une lampe frontale, une couverture de survie et un sifflet. (Sépaq)

Il faut aussi prévoir :

  • une carte accessible sans réseau;
  • un moyen de protéger le téléphone de l’eau;
  • des vêtements adaptés à la météo;
  • un contenant solide;
  • de quoi identifier son point de départ;
  • l’heure à laquelle il faudra faire demi-tour.

Un signal cellulaire ne doit jamais être présumé dans un boisé éloigné.

Dire à quelqu’un où l’on va

Une cueillette solitaire peut se prolonger sans que personne sache où commencer les recherches.

Avant de partir, il est utile de transmettre :

  • le secteur prévu;
  • le point d’accès;
  • l’heure de départ;
  • l’heure approximative du retour;
  • le véhicule utilisé;
  • la personne à contacter si l’on ne revient pas.

Changer complètement de secteur sans prévenir annule une grande partie de cette précaution.

Une sortie improvisée peut demeurer agréable. Elle ne doit pas devenir invisible.

Les zones de fruits nourrissent déjà quelqu’un

Les petits fruits ne sont pas une ressource réservée aux humains.

En été, l’alimentation de l’ours noir est composée en grande partie de végétaux, notamment de fraises, de framboises, de mûres, de bleuets, de cerises, de canneberges, d’amélanches et de camarines. Le gouvernement du Québec indique aussi que l’espèce fréquente les forêts en régénération, les brûlis, les broussailles, les cours d’eau et les milieux humides. (Gouvernement du Québec)

On peut donc raisonnablement considérer une grande zone de petits fruits comme un lieu d’alimentation possible, pas comme un espace vide en attente du cueilleur.

Avant d’entrer, il faut observer :

  • les mouvements dans la végétation;
  • les branches qui se déplacent sans vent;
  • les pistes;
  • les excréments;
  • les fruits écrasés;
  • les sons;
  • la visibilité et les sorties possibles.

Si un animal est déjà présent, on ne s’approche pas pour vérifier sa taille, prendre une meilleure photo ou défendre son coin de cueillette.

Le gouvernement rappelle que l’ours noir demeure un animal sauvage au comportement imprévisible et qu’il ne faut jamais s’en approcher, particulièrement en présence de petits. (Gouvernement du Québec)

Évaluer depuis la bordure vaut mieux que battre en retraite dans les branches

Les conseils généraux sur la faune sont souvent rédigés pour une rencontre dans un endroit où l’on peut voir l’animal et contrôler ses mouvements.

Une bleuetière dense ne garantit ni l’un ni l’autre.

Lorsque les branches accrochent les jambes et font du bruit à chaque pas, « reculer calmement » peut devenir difficile à appliquer. Cette limite ne rend pas les conseils officiels inutiles. Elle montre pourquoi la prévention doit commencer avant l’entrée.

Depuis la bordure, il est encore possible de :

  • attendre;
  • changer d’endroit;
  • choisir un passage plus ouvert;
  • revenir plus tard;
  • abandonner la sortie.

Au milieu des plants, les choix diminuent.

La meilleure rencontre avec un animal sauvage est souvent celle qu’on évite en observant le terrain avant d’y entrer.

Les abeilles ne signalent pas une attaque organisée

Une zone de bleuets en fleurs peut concentrer de nombreux pollinisateurs.

Dans une production agricole, des ruches peuvent aussi avoir été installées pour soutenir la pollinisation. Le secteur devient alors un lieu de travail pour les abeilles, les producteurs et les apiculteurs.

La présence de nombreuses abeilles n’indique pas nécessairement qu’elles cherchent à poursuivre les visiteurs. Elle indique surtout que la ressource florale est concentrée.

Il demeure prudent de :

  • ne pas toucher aux ruches;
  • ne pas bloquer leur trajectoire;
  • éviter les gestes brusques au milieu d’une forte activité;
  • quitter le secteur en cas de comportement inhabituel;
  • connaître ses allergies et transporter le traitement prescrit, le cas échéant.

Une floraison spectaculaire mérite d’être observée. Elle n’oblige pas à traverser le centre du champ.

Les petits animaux peuvent aussi provoquer une chute

Une perdrix, un lièvre ou un autre animal caché sous les branches peut partir brusquement à quelques pas du cueilleur.

Le principal danger n’est pas toujours l’animal lui-même. C’est parfois la réaction de surprise :

  • recul précipité;
  • pied pris dans les branches;
  • chute sur une souche;
  • panier renversé;
  • perte d’orientation.

Il faut éviter de coincer ou de manipuler un animal qui semble immobile ou blessé.

La forêt n’est pas un refuge où chaque rencontre demande une intervention humaine.

Un fruit bien identifié peut être sale

La salubrité ne se limite pas au nom de l’espèce.

Les fruits et légumes frais peuvent être contaminés par le sol, l’eau, les animaux sauvages ou domestiques et d’autres matières présentes avant ou après la récolte. Santé Canada recommande de retirer les parties endommagées et de laver les produits frais à l’eau courante avant leur préparation ou leur consommation lorsque cela est possible. (Canada)

Sur le terrain, il vaut mieux laisser en place les fruits :

  • couverts d’excréments;
  • tombés dans une eau douteuse;
  • moisis;
  • fortement écrasés;
  • fermentés;
  • remplis de larves;
  • souillés par une substance inconnue.

La pluie ne lave pas nécessairement un fruit. Elle peut aussi déplacer des contaminants présents sur les feuilles, le sol ou les déjections.

Manger quelques fruits sains directement sur le plant est une habitude courante. Cela ne signifie pas que chaque fruit trouvé dans la même colonie est dans le même état.

Séparer les inconnus de ce qui sera mangé

Un spécimen récolté pour identification ne devrait pas être jeté au milieu du panier destiné à la cuisine.

Une petite baie inconnue peut :

  • être confondue avec la récolte;
  • éclater;
  • répandre son jus;
  • perdre ses feuilles et son point d’attache;
  • devenir impossible à retracer.

Pour documenter une plante inconnue :

  1. photographiez-la dans son milieu;
  2. photographiez le plant entier;
  3. conservez seulement un petit spécimen lorsque la récolte est permise;
  4. placez-le dans un contenant séparé;
  5. inscrivez le lieu et la date;
  6. indiquez clairement qu’il ne doit pas être mangé.

Un panier de fruits mélangés n’est pas une bonne énigme à résoudre à la maison.

Cueillir les fruits sans arracher la plante

La méthode de récolte doit correspondre à la partie utilisée.

Prendre un fruit mûr n’a généralement pas le même effet que :

  • casser une branche;
  • arracher un rhizome;
  • prélever une racine;
  • enlever une grande surface d’écorce;
  • emporter la plante entière.

Les racines, les rhizomes et les écorces jouent des rôles essentiels dans la survie de la plante. Leur récolte exige donc davantage de connaissances et de retenue.

Même lorsque l’espèce est abondante, il faut éviter :

  • de tirer sur le plant pour atteindre les fruits;
  • de piétiner inutilement les nouvelles pousses;
  • de casser les branches productives;
  • d’arracher une plante simplement pour mieux la photographier;
  • de creuser sans connaître la partie recherchée.

Une récolte efficace n’a pas besoin de laisser un sentier de plantes endommagées.

Comestible ne signifie pas récoltable sans limite

Certaines plantes alimentaires sont protégées précisément parce que leur récolte peut les faire disparaître.

Au Québec, l’ail des bois illustre bien cette différence. Sa croissance est lente : plusieurs années peuvent s’écouler avant qu’un plant issu d’une graine fleurisse. Sa cueillette personnelle est limitée à un maximum annuel de 50 bulbes ou 200 grammes de toute partie par personne. D’autres espèces désignées vulnérables à la récolte sont également soumises à des limites précises. (Gouvernement du Québec)

La règle légale n’est pas toujours la même que la meilleure décision écologique.

Pouvoir prélever une quantité maximale ne signifie pas qu’il faut l’atteindre dans une petite colonie fragile.

Avant de récolter une plante entière, il faut connaître :

  • son abondance;
  • sa vitesse de renouvellement;
  • son statut;
  • l’effet réel du prélèvement;
  • les règlements du territoire.

Ne pas vider le milieu pour rentabiliser le déplacement

Un long trajet peut créer une pression étrange :

Nous avons roulé trois heures; il faut repartir avec quelque chose.

Le territoire n’a pourtant aucune obligation de rentabiliser l’essence utilisée.

Une récolte peut être moins abondante que prévu parce que :

  • la saison est avancée;
  • la floraison a été faible;
  • la pluie a endommagé les fruits;
  • la faune est déjà passée;
  • la colonie est petite;
  • le lieu a changé;
  • quelqu’un a cueilli avant vous.

Il n’est pas nécessaire de prendre les fruits verts, les derniers fruits mûrs ou une plante mal identifiée pour éviter le panier vide.

On peut repartir avec :

  • des photographies;
  • un nouveau repère;
  • une date plus précise pour l’année suivante;
  • la découverte d’un autre milieu;
  • une meilleure connaissance du chemin;
  • une liste de questions à documenter.

La sortie prépare parfois la prochaine sortie.

Récolter seulement ce que l’on saura utiliser

Une montagne de fruits perd rapidement son charme lorsqu’elle chauffe dans l’automobile ou pourrit sur le comptoir.

Avant de cueillir en quantité, il faut savoir :

  • comment transporter la récolte;
  • combien de temps elle peut rester sans refroidissement;
  • si elle sera consommée fraîche;
  • si elle sera congelée;
  • qui la nettoiera;
  • quand la transformation aura lieu;
  • quelle quantité sera réellement utilisée.

Les petits fruits fragiles s’écrasent sous leur propre poids dans un contenant trop profond. Plusieurs petits récipients rigides peuvent être plus utiles qu’un énorme sac.

Une récolte raisonnable est celle qui arrive encore en bon état à destination.

Savoir quand faire demi-tour

La recherche d’un dernier secteur ou d’un dernier panier peut faire oublier :

  • la fatigue;
  • la chaleur;
  • le retour;
  • les nuages;
  • la diminution de la lumière;
  • la distance parcourue;
  • le niveau d’eau qui monte;
  • la perte progressive des repères.

Il faut fixer une heure de retour avant d’être fatigué.

On abandonne la cueillette lorsque :

  • le terrain dépasse l’équipement disponible;
  • l’identification reste incertaine;
  • l’accès est douteux;
  • une affiche interdit l’entrée ou la récolte;
  • la faune occupe déjà le secteur;
  • la météo se détériore;
  • on ne sait plus exactement où l’on se trouve;
  • la récolte ne pourra pas être conservée correctement.

Renoncer n’annule pas les connaissances acquises pendant la visite.

Une bonne cueillette laisse peu de traces

Après le passage du cueilleur, le lieu ne devrait pas présenter :

  • de déchets;
  • de contenants abandonnés;
  • de branches cassées inutilement;
  • de trous laissés ouverts;
  • de plantes arrachées pour rien;
  • de nourriture offerte aux animaux;
  • de passage forcé dans une zone fragile.

Les principes Sans trace recommandent notamment de préparer correctement les sorties, de se déplacer sur les surfaces et les sentiers appropriés, de gérer les déchets et de laisser les éléments naturels sur place lorsqu’ils ne font pas partie d’une activité permise. (Sépaq)

La récolte n’a pas besoin d’être invisible. Elle doit simplement rester proportionnée au milieu, au droit d’accès et à la capacité de renouvellement de la ressource.

Cueillir commence par la capacité de ne pas cueillir

La cueillette sauvage est souvent présentée comme une activité très simple :

  1. trouver;
  2. reconnaître;
  3. ramasser;
  4. manger.

Dans la réalité, une décision supplémentaire se glisse entre chaque étape.

On peut trouver sans entrer.

On peut reconnaître sans récolter.

On peut récolter sans tout prendre.

On peut rapporter un fruit sans le manger immédiatement.

On peut revenir l’année suivante.

La forêt n’est pas un examen où chaque plante doit recevoir une réponse. Elle ne récompense pas celui qui goûte le plus de choses ni celui qui remplit le plus gros panier.

Une bonne sortie se termine avec des fruits utilisables, un territoire encore vivant et suffisamment de connaissances pour y retourner sans recommencer à zéro.

Savoir cueillir, c’est aussi savoir observer, demander la permission, laisser en place et faire demi-tour.


Sources et références

  • Gouvernement du Québec — Profiter du territoire public en toute légalité. Rappel que les activités permises et leurs conditions peuvent varier selon les territoires et les réglementations locales. (Gouvernement du Québec)
  • Légis Québec — Règlement sur les parcs. Règles concernant le prélèvement de végétaux et exception applicable à certains produits végétaux comestibles hors des zones de préservation. (Légis Québec)
  • Sépaq — Réglementation dans les parcs nationaux du Québec. Consignes aux visiteurs concernant le prélèvement d’éléments naturels et la circulation dans les sentiers. (Sépaq)
  • Gouvernement du Québec — Utilisation des pesticides dans les aires forestières. Exigences d’affichage et interdiction de cueillir des végétaux dans certaines aires traitées. (Quebec CDN)
  • Sépaq — Randonnée pédestre : quoi faire en cas d’urgence? Équipement minimal, eau, nourriture, communication et préparation d’une sortie. (Sépaq)
  • Gouvernement du Québec — Ours noir. Habitat, alimentation estivale, comportement et mesures de prudence lors d’une rencontre. (Gouvernement du Québec)
  • Santé Canada — Conseils sur la salubrité des légumes et des fruits frais. Sources possibles de contamination et mesures de lavage, de manipulation et d’entreposage. (Canada)
  • Gouvernement du Québec — Autorisation pour une activité pouvant affecter une espèce floristique menacée ou vulnérable. Restrictions concernant les espèces protégées, l’ail des bois et les espèces vulnérables à la récolte. (Gouvernement du Québec)
  • Gouvernement du Québec — Ail des bois. Croissance lente de l’espèce et vulnérabilité à une récolte excessive. (Gouvernement du Québec)
  • Sépaq — Les sept principes Sans trace. Préparation, déplacement responsable, gestion des déchets et réduction des effets du passage humain. (Sépaq)

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